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28/09/2011 - Le Figaro
La police s'offre une carte électronique

Elle permettra de signer les procès-verbaux informatisés et de sécuriser les fichiers.

Dix-huit mois d'études auront été nécessaires pour que les policiers entrent dans une nouvelle ère. D'ici à la fin 2012, leur bonne vieille «brème» tricolore aura vécu pour laisser place à une carte professionnelle électronique inviolable. Du format d'une carte de crédit, ce sésame futuriste, frappé du sigle «police» en rouge et de la mention «RF», constitue une minirévolution pour les 150.000 fonctionnaires qui vont la porter, mais aussi pour le public. En effet, les policiers pourront désormais, grâce à une puce embarquée, laisser leur signature sur les procès-verbaux électroniques. « Avec la fin des timbres-amendes déposés sur les pare-brise, le policier qui enregistre l'infraction en temps réel dans un boîtier numérique pourra désormais, en une simple connexion, entrer son matricule pour faciliter le traitement des dossiers», explique Pascal Garibian, porte-parole de la direction générale de la police nationale.

À terme, grâce à son nouveau passe et un code secret à six chiffres, chaque fonctionnaire aura accès à une somme importante de procédures numériques échangées entre juges, avocats ou encore huissiers. « Jusqu'alors, un volume colossal de procès-verbaux rédigés sur papier faisait d'innombrables navettes entre les commissariats et les tribunaux, rappelle un commissaire. La carte professionnelle dernière génération permettra aux enquêteurs d'avoir accès sans attendre aux procédures dématérialisées qui vont se généraliser dans toute la chaîne judiciaire.»

Outre un gain de temps évident, ce sont des forêts entières qui vont être épargnées. Encodée et programmée en fonction du grade et de la fonction de son propriétaire, la carte électronique de la police servira de laisser-passer pour franchir les portes de certains bâtiments. Elle permettra aussi aux fonctionnaires, qu'ils soient en civil ou en tenue, de s'identifier et de s'authentifier lors des consultations des fichiers de la «grande maison», comme celui du Système de traitement des informations criminelles (Stic), trop souvent piraté par le passé.

Dix-huit points de sécurité

Après un rodage de trois mois dans la Somme, le dispositif gagnera l'ensemble du territoire, à raison de 10.000 cartes sortant chaque semaine de l'Imprimerie nationale, à Douai (Nord). Coût de fabrication ? Douze euros l'unité, c'est-à-dire moins cher que les actuelles cartes dont la confection mobilisait deux fonctionnaires en permanence.

Soucieux de protéger au maximum ce document à usage multiple, pas moins de dix-huit points de sécurité ont été imaginés. Outre deux puces et une bande magnétique, la carte électronique intègre une pastille qui empêche de trafiquer la photo d'identité du policier. Par ailleurs, son visage est reproduit une seconde fois sous forme d'un hologramme laissant place à une étoile genre shérif quand le document est incliné. Pour corser toute tentative de contrefaçon, l'article 12 de la Déclaration des droits de l'homme est reproduit en toile de fond. Pour garder l'esprit originel, les concepteurs ont conservé le bandeau bleu, blanc rouge, ainsi que la médaille métallique. Même si cette dernière est rarement sortie sur le terrain.

Auteur : Christophe Cornevin

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