Téléchargements
Vidéos
1:50

IN Groupe, Le droit d’être soi

Contactez-nous

23/11/2011 - culture.gouv.fr
Joël Bertin, fondeur de caractères typographiques, élevé au rang de Maître d'Art par le Ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand.

Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, décerne mercredi 23 novembre 2011 le titre de « Maître d'art » à six professionnels d'exception des métiers d'art.

Qu’est-ce qu’un Maître d’art ? À l’instar des Trésors Nationaux Vivants du Japon, les Maîtres d’art sont porteurs de savoir-faire exceptionnels qu’ils se doivent de transmettre. La nomination en qualité de Maître d'art vise à soutenir le vaste champ des métiers d'art. Créé en 1994 par le ministère de la Culture, le titre de Maître d’art a depuis été décerné à cent sept professionnels d'excellence. Porteur d'un talent, d’une expérience et d’une compétence rares, le Maître d'art s'engage à transmettre ses connaissances et son tour de main à un élève qualifié afin qu'il les perpétue.

Depuis 2010, le ministère de la Culture et de la Communication décerne ce titre tous les ans afin de valoriser un patrimoine immatériel d’exception et d’encourager sa transmission. Pour ce faire, le Maître d’art reçoit une allocation annuelle de l'État, d'un montant de 16 000 euros, dans le but de proposer une formation de haut niveau pendant trois ans à un élève.

Frédéric Mitterrand a distingué six professionnels d'excellence, dont le brodeur François Lesage, nommé Maître d'art à titre honorifique pour l'ensemble de sa carrière. Le remarquable savoir-faire et l' exceptionnel talent de ces artisans concourent au rayonnement de pratiques artistiques dans des domaines aussi variés que l'imprimerie, les arts plastiques, le design, la céramique, la mode, le livre et l'édition. Cette nouvelle promotion met également en lumière la riche collaboration entre Maîtres d'art, artistes et designers contemporains.

Joël Bertin, fondeur de caractères typographiques Dernier fondeur en activité en Europe, Joël Bertin est chef d’équipe au sein de l’Atelier du Livre d’Art et de l’Estampe depuis 2003. De la refonte des caractères de l’Imprimerie nationale, en passant par les services photocomposition, prépresse et fabrication, il se forge une solide expérience désormais reconnue à l’international. Il collabore en effet avec des artistes du monde entier tels que Zanuzucchi, Ra Anan Levy ou de nombreux éditeurs d'art comme Maeght, Editart-Genève, éditions de la revue Conférence, Agencia Literaria Carmen Balcells ou encore les éditions Traces. Joël Bertin a également développé de nouvelles techniques innovantes, comme l'adaptation de certaines fondeuses au point Didot ou encore la fonte de l'attache avec fente pour fermoir à la japonaise pour le livre de Miquel Barcelo.

Gérard Borde, céramiste Après des débuts prestigieux au sein de la Manufacture de Sèvres où il participe à la production de sculptures d’artistes contemporains aussi différents que François-Xavier Lalanne, Zao Wou Ki ou encore France Franck, Gérard Borde crée, à Limoges, un atelier de recherche et production céramique afin de développer du design d’objets. Itinérant, il oscille désormais entre Limoges, où il occupe les fonctions de Directeur technique du Centre de Recherche sur les Arts du Feu et de la Terre (CRAFT), et Tarbes où il enseigne à l’Ecole Supérieure d’Art et de Céramique. Il réalise et coordonne des projets contribuant à l’innovation industrielle, cherchant constamment les limites du matériau céramique. Sur plus de quatre vingt projets, citons Vitrail en lithophanie de porcelaine réalisé en 2004 avec Philippe Favier. Entre création personnelle et collaborations avec Marc Couturier, Martin Szekely ou encore Yann Kersalé, Gérard Borde n’a de cesse de s’ouvrir vers de nouveaux projets artistiques d’exception.

François Lesage, brodeur Héritier d’une longue tradition de brodeurs pour la haute couture et le prêt à porter, il fait ses premières armes pour les collections singulières d’Elsa Schiaparelli. Après un apprentissage au sein de l'atelier familial, il s’envole pour les États-Unis pour ouvrir un atelier sur l’avenue la plus célèbre de l’Ouest américain, Sunset Boulevard, où le savoir-faire et la virtuosité qu’il a acquis en France lui ouvrent rapidement les portes des studios d'Hollywood. Mais le décès de son père met fin à cette aventure et en 1949, il reprend son atelier. Au cours des années soixante, son talent novateur s’épanouit et s’émancipe du poids de la tradition. Il expérimente des matériaux nouveaux, des traitements de matières audacieuses et compte parmi sa clientèle de grands noms de la mode tels que Lanvin, Givenchy, Dior, Chanel, Grès, Patou, Yves Saint Laurent. C’est au cours des annéesquatre- vingt qu’il rencontre Christian Lacroix, puis, dix ans plus tard, Thierry Mugler et Jean-Paul Gaultier pour lesquels sa maison produira des chefs d’oeuvre. Son ambition ne s'arrête pas là. En 1992, il fonde une école de broderie pour transmettre et perpétuer son art, où viennent se former des étudiants et des amateurs de broderie du monde entier. En 2002, sa maison entre dans la galaxie Chanel, et il devient pour Karl Lagerfeld un partenaire irremplaçable, il dira : « Je ne conçois pas de mode sans broderie, ni de broderie sans Lesage. » Créateur inspiré et interprète des plus célèbres couturiers, il a réalisé la plus grande collection de broderie pour la couture dans le monde.

Laurent Nogues, créateur graphique en gaufrage, dorure et incrustation À peine diplômé de l’Ensaama, Laurent Nogues fonde sa société Créanog en 1994, inscrivant son entreprise dans l’héritage spirituel des Créations Fournier, longtemps dirigées par son père. Aux savoir-faire exceptionnels dans le domaine du gaufrage, du marquage à chaud et de l’incrustation sur papier, il apporte la dimension supplémentaire de la création graphique qui lui ouvre les portes des clients les plus prestigieux : Christian Dior Parfums, Chanel, la Monnaie de Paris, Cognac Lheraud. Laurent Nogues fonde, par la suite, un pôle de gestion de fabrication qui permet de proposer une offre beaucoup plus globale. Il va alors créer pour Frédéric Malle, Thierry Mugler, Cartier, sans oublier Yves Saint Laurent, maison pour laquelle il imagine des coffrets de Noël en 2006, ou encore les Cognacs Hennessy en 2010 avec la conception de l’identité graphique du Château de Bagnolet.

Yves Parisse, tailleur, graveur sur cristal (maison Baccarat) Yves Parisse entre dans la prestigieuse maison Baccarat, en 1975, comme apprenti, puis gravit un à un tous les échelons pour accéder à la responsabilité de chef de l'atelier de taille gravure et grosse décoration. Son métier consiste à intervenir après le travail du verrier pour décorer à la main des verres, des vases, des carafes, des bijoux, des lustres... Il crée des motifs linéaires, géométriques, des facettes, des biseaux, tout en creusant le verre pour obtenir un décor ou créer une nouvelle forme. Dans le cadre de son atelier, Yves Parisse occupe une place particulière et centrale car tous les travaux d'exception y sont exécutés, y compris la lustrerie. Il définit, en lien avec le bureau d'étude, les conditions de fabrication de chaque objet afin de respecter l'esprit voulu par chacun des artistes contemporains et des designers avec lesquels il collabore : Philippe Starck, Elie Top, James Hayon, ou encore Ora Ito.

Michaël Woolworth, lithographe, éditeur d’art La spécialité de Michaël Woolworth se concentre sur les techniques d’impression sur des presses manuelles (lithographie sur pierre, bois gravé, monotype, linogravure, eau-forte) et sur une activité éditoriale, mettant son savoir-faire au service d’artistes contemporains. Il débute aux côtés de Franck Bordas et collabore avec des artistes de renom, dont Jean Dubuffet, pour réaliser, outre une vingtaine de planches, ses Exercices lithographiques. L’expérience de ses collaborations avec Daniel Pommereulle, Jorge Camacho et bien d’autres artistes le conduit à de nouvelles pratiques comme le bois gravé, la linogravure, la gravure au carborundum et le monotype, grâce à la presse à gravure. L'activité éditoriale de Michaël Woolworth et la mise en place d'expositions, pour défendre et diffuser l'art de l'estampe contemporaine, s'est considérablement accrue ces dernières années : par exemple au château de Chambord, des expositions monographiques sur Marc Desgrandchamps, Jean-Michel Othoniel ou Djamel Tatah ont été présentées pour montrer leurs collaborations avec l'atelier.

A l'occasion de ces nominations, des pièces uniques des nouveaux Maîtres d'art seront présentées au public, du 23 novembre au 15 janvier 2012, dans les espaces d'exposition du ministère de la Culture et de la Communication (Galeries du Palais Royal).