Téléchargements
Vidéos
1:50

IN Groupe, Le droit d’être soi

Contactez-nous

18/09/2012 - La Voix du Nord
L'Imprimerie nationale, hier exsangue, se construit un avenir royal

L'Imprimerie nationale a une histoire. En 1640, sous Louis XIII, l'IN devient Imprimerie Royale. Trois siècles et demi plus tard, elle a failli disparaître. Un homme, Didier Trutt, son PDG, l'a faite repartir de l'avant.

À partir de 2013, les permis de conduire papier rose laisseront progressivement la place aux permis de conduire électroniques. Un nouveau marché pour une entreprise de haute technologie, experte en solutions sécurisées d'identité telle l'Imprimerie nationale. La Voix du Nord est en mesure d'annoncer que le travail va se faire dans les entrailles de l'usine de Flers-en-Escrebieux. « La fabrication donnera lieu à un contrat entre l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) et l'Imprimerie nationale, contrat régi par le monopole de l'Imprimerie nationale », fait savoir la direction de l'ANTS. L'établissement public administratif, dont la mission est de répondre aux besoins des administrations de l'État en matière de titres sécurisés, souligne que le nombre de titres délivrés en 2013 (à compter du 19 janvier) sera approximativement de « 2 millions (primata, duplicata et renouvellement) ». Beaucoup d'autres suivront. Plus de 40 millions de « vieux » permis sont actuellement en circulation en France et seront concernés. Ce permis numérique, dont le coût de développement est estimé à 40 millions d'euros, aura la forme d'une carte bancaire et contiendra les empreintes digitales du conducteur.

Les 500 salariés du site flersois (moyenne d'âge 42 ans), passés maîtres dans la fabrication des passeports électroniques et biométriques (12,5 millions depuis 2006), et plus généralement de titres sécurisés (25 millions par an), peuvent se congratuler. Donnée pour morte au début des années 2000 avec notamment la perte du marché d'impression des bottins de France Telecom, l'Imprimerie nationale a retrouvé une seconde jeunesse. Au point d'afficher des résultats florissants. En 2011, l'excédent brut d'exploitation du groupe (EBE) a progressé de 56 % ! Il atteint 25,6 millions d'euros pour un chiffre d'activité consolidé de 128 millions (+ 15 millions d'euros). En investissant pourtant l'an dernier 13,2 millions d'euros en achat de machines, prise de participation dans des sociétés, développement industriel, etc.

En dépit de l'impact de la baisse des prix des contrats, l'Imprimerie nationale sera « sur la même tendance en 2012 », annonce Didier Trutt, PDG de l'Imprimerie nationale. Le cap est fixé jusqu'en 2015. « Nous visons une hausse moyenne du chiffre d'activité de 8 % par an . » D'autant que l'édition du nouveau permis de conduire annonce la future carte d'identité électronique. À ce moment-là, 10 millions de nouveaux titres sécurisés et personnalisés par an pourraient sortir de l'usine.

Les seuls titres sécurisés ne font pas la fortune de l'Imprimerie nationale. Depuis 2009, l'Imprimerie nationale (70 salariés à Paris et une quinzaine ailleurs) « s'est totalement réinventé », se félicite Didier Trutt. Parmi les nouveaux métiers : le cloud printing , la gestion numérique de l'envoi des courriers des administrations et des entreprises. Dans ses locaux, l'Imprimerie nationale transforme la salle de courriers des entreprises en centre de traitement numérique. Et ce grâce à une machine high-tech pouvant numériser de 8 à 16 000 documents à l'heure, allant du format carte de visite à A3. Autre nouveauté : l'archivage sécurisé sur des serveurs cryptés. En offrant de sérieuses garanties aux clients : le site est classé point sensible de niveau 1 (PS1) et il est certifié opérateur d'importance vitale (OIV). Autrement dit, le lieu est protégé comme Fort Knox, les salariés badgent à l'entrée de chaque salle et disposent ou pas d'une autorisation à y entrer.

Auteur : Bertrand Bussière @2012 la voix du nord
Photo : Sami Belloumi

Téléchargement
Références en ligne