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17/09/2012 - Le Parisien
Ivry. L’imprimerie nationale vante ses métiers

Au pied de la lettre. « La quasi-totalité de notre patrimoine se trouve dans le Nord », prévient d’emblée Lucile Theveneau, responsable de l’édition et des expositions à l’atelier du livre et de l’estampe d’Ivry-sur-Seine. Une absence qui colle parfaitement au thème des Journées du patrimoine — le « caché » — et qui s’explique par le caractère précieux des poinçons, gravures et autres livres d’art produits dans cette antenne de l’Imprimerie nationale. Il restait, malgré tout, d’autres trésors à découvrir, ce week-end.

La dernière graveuse sur poinçon

De l’Imprimerie nationale — créée en 1640 — sortent des livres édités au plomb, fabriqués à la main avec des lettres en relief. « Ils sont préparés sur commande et tirés en édition limitée », explique Lucile Théveneau. Cela peut être un beau livre d’art et précieux, mais aussi — plus abordable — des marque-pages ou des cartes de visite. Parmi les métiers nécessaires à ces réalisations, une femme fait figure de représentante d’un métier disparu : Nelly Gable est la dernière graveuse sur poinçon encore en activité. Son travail : restaurer des poinçons abîmés ou créer ceux qui manquent à une collection. Lors du passage à la monnaie unique, il lui a fallu fabriquer un « € », indispensable pour indiquer le prix d’un ouvrage.

Un inventeur de caractères

Autre activité peu connue du grand public, celle de Franck Jalleau. Ce « créateur de caractères » a, par exemple, imaginé de nouvelles formes de lettres pour la commune de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) qui les utilise désormais dans ses documents administratifs. « On dit toujours qu’un bon caractère ne se voit pas », explique le graphiste. Comprendre : le lecteur ne doit pas être gêné par la police d’un texte qu’il découvre.

Les compositeurs des anciennes invitations de l’Elysée

« Nous avons des poinçons pour écrire dans 65 langues. Le chinois, l’hébreu, mais aussi des langues mortes comme le phénicien », explique Lucile Theveneau. Et de citer des anciens exemples d’utilisation : les menus en arabe à bord des avions Air France, les invitations aux chefs d’Etat étrangers à l’Elysée… Une tradition qui a presque disparu.

« On se bat pour conserver notre production de livres mais, surtout, pour valoriser notre patrimoine caché », explique la responsable de l’édition. Un déménagement pour développer une activité de musée est d’ailleurs à l’étude pour que les poinçons et gravures puissent être découverts par le grand public.