Téléchargements
Vidéos
1:50

IN Groupe, Le droit d’être soi

Contactez-nous

16/01/2015 - L'Usine Nouvelle
L'Imprimerie nationale version digitale

L'usine de Douai est au coeur de la transformation de l'institution pluricentenaire.
Son activité ira bientôt de la simple impression à des services de gestion des identités numériques.

L'Usine Nouvelle n°3406
(du 15 au 20 Janvier 2015)

N'entre pas qui veut sur le site de l'Imprimerie nationale à Douai (Nord).

Une fois franchie la guérite de sécurité ressemblant à un poste de douane, où l'on vérifie qu'il est bien sur la liste des personnes attendues, le visiteur se retrouve sur une petite route encadrée de barbelés et autres dispositifs anti-intrusion.

C'est le directeur de la sécurité, visiblement satisfait de son installation, qui est à l'accueil sur ce site classé PS1 (point sensible de 1ère catégorie).

« Nous sommes OIV, c'est-à-dire opérateur d'importance vitale », souligne-t-il en gravissant les marches conduisant aux bureaux protégés par un sas de verre.

Cela veut dire que le site, qui fabrique quelques 25 millions de titres d'identité par an (passeports, cartes nationales d'identité, cartes grises) et environ 2 millions d'identités professionnelles (cartes militaires ou de police, de personnels de santé), doit pouvoir produire quoi qu'il arrive. Et qu'aucun indésirable ne doit franchir la porte d'entrée.

Les salariés doivent être au-dessus de tout soupçon. Comme les visiteurs. « Nous avons mené notre petite enquête », me glissera-t-on dans un sourire pendant la visite.

Mélange d'architecture industrielle des années 1970 et de haute technologie, le site de Douai a fêté, l'année passée, ses quarante ans. Il est à l'image de l'entreprise : le support d'une vaste transformation engagée par son PDG, Didier Trutt, qui a fermé plusieurs sites et concentré l'activité dans le Nord.

Celle-ci va de la simple impression à des services de plus en plus étendus, notamment dans le champ de la gestion de l'identité numérique, qui pourraient transformer l'Imprimerie nationale en acteur clé de la cybersécurité.

Mutation en cours

Ces technologies d'impression sont toujours plus difficiles à contrefaire / Photo © Sébastien Sindeu

La visite démarre par deux grands halls d'imprimerie classique, abritant huit grosses rotatives. C'est ici qu'ont longtemps été imprimés les annuaires téléphoniques de la Poste. Posées par terre, d'énormes bobines de papier. Feuilles d'imposition, contraventions, accusés de réception, tickets de PMU, titres-restaurants, documents du recensement 2015 le groupe conserve une activité d'impression à gros volumes, qui dévore quelque 10 000 tonnes de papier par an, et qu'elle sous-traite pour partie à une centaine de partenaires.

Mais le coeur de l'activité est ailleurs. Pour y accéder, il faut passer d'énormes portes blindées, par lesquelles une seule personne passe à la fois pour entrer dans un petit sas bardé d'une électronique un peu angoissante.

Derrière ces sécurités, plusieurs ateliers, où se conjuguent les technologies d'impression papier (comme pour les passeports ou les cartes grises) ou polycarbonate (pour les nouveaux permis de conduire au format carte de crédit) avec la maîtrise des données numériques.

Plus loin, abrités derrière d'épais murs, des serveurs protègent des données sensibles pour le compte de l'État français. Une activité que le groupe veut développer, de même que l'exportation – en tant qu'intégrateur – de chaînes complètes de fabrication de titres d'identité, allant de l'enrôlement (la prise d'information) et l'instruction (la vérification des informations) à la production sécurisée des documents.

Cette métamorphose semble réussir à l'institution pluricentenaire. Créée en 1538 sous François Ier – la salamandre est encore son emblème –, elle est devenue en 1993 une société de droit privé détenue par l'État. Elle a réalisé un chiffre d'affaires de 175 millions d'euros en 2013 – et visait 200 millions l'an passé – ainsi que ses premiers bénéfices.

« Nous employions 500 personnes à Douai en 1973 et nous en employons toujours 500, affirme Didier Trutt. Mais les profils ont évolués. Un tiers d'ingénieurs, un tiers de techniciens, un tiers d'ouvriers. »

Et l'usine n'a pas fini de muter. ??

Auteur : Texte Patrick Déniel (L'Usine Nouvelle n°3406)

Téléchargement