Téléchargements
Liens
Vidéos
1:50

IN Groupe, Le droit d’être soi

Actualités
10/11/2015 - Diplomatie
L’Imprimerie Nationale et l'Afrique

Entretien avec Didier TRUTT, président directeur général de l'Imprimerie Nationale, dans "Diplomatie Hors-Série 16" consacré à l’Afrique

Quelles priorités accordez-vous à l'Afrique dans votre stratégie internationale ?

Didier Trutt : Le continent africain est bel et bien devenu le continent de l'innovation, porté par une croissance structurelle et durable. L'essor économique est réel : L'Afrique bénéficie d'une croissance moyenne de plus de 5% par an depuis près d'une décennie, ce qui est une performance remarquable, incomparable à celle de l'Europe. À ce titre l'Afrique constitue sans conteste une priorité de premier plan pour l'Imprimerie Nationale. Car l'Afrique va plus loin et plus vite que l'Europe en matière de nouvelles technologies et de mobilité, avec des créations et des innovations qui posent leur empreinte sur le reste du monde.
Le Cameroun a été l'un des premiers pays au monde à doter ses citoyens d'une carte d'identité électronique.
Le Nigéria et le Ghana sont les deux premiers pays au monde à faire converger les sphères bancaire et identitaire sur un seul et même support, une carte d'identité doublée d'applications bancaires.
Le Kenya est le précurseur mondial du mobile banking, c'est le pays où il y a le plus de transactions commerciales opérées directement par téléphone.
Innovateur, incubateur de start-up technologiques, créateur de nouveaux techno-parcs tous les mois, le continent africain bénéficie d'une spectaculaire force vive que constituent les entrepreneurs du monde numérique. Après la Silicon Valley, on parle désormais de Silicon Savannah qui regroupe les pôles d'innovations de Nairobi au Cap en passant par Kigali ou encore Dakar.
Ce dynamisme, cette croissance, l'Imprimerie Nationale l'accompagne avec ses solutions technologiques. Développées au bénéfice de ses clients, nos solutions clés en main permettent aux États et aux entreprises de gagner en compétitivité et en rapidité avec les plus hauts degrés d'exigence en matière de sécurité et de qualité.
C'est ce que nous faisons actuellement avec l'État du Gabon pour lequel nous avons installé une plate-forme de production pour les passeports biométriques, qui sont personnalisés sur place sous la souveraineté de l'État du Gabon. Nous accompagnons également les États dans d'autres domaines très innovants, tels que l'archivage physique et électronique des documents et la gestion électronique des documents, par exemple avec la République du Congo pour laquelle nous avons développé une solution pour le ministère de la Défense nationale.
Au total, nous accompagnons nos clients des secteurs publics et privés dans plus de 25 pays sur le continent africain avec nos solutions de composants à haute valeur ajoutée, de titres régaliens, de sécurisation d'identités professionnelles, de gestion de données sensibles ou encore d'impression de flux complexes.

En quoi considérez-vous que les problèmes de sécurité de l'Afrique rendent plus complexe le développement des marchés par les entreprises françaises ?

Didier Trutt : Les problèmes de sécurité et la menace terroriste n'ont aujourd'hui plus de frontières. Les problèmes de l'Afrique en matère de sécurité sont également des problèmes auxquels l'Europe est confrontée. Il n'y a pas une spécificité des problèmes africains, mais bien des enjeux liés à des économies et des sociétés globalisées qui se surimposent, dans le cas de l'Afrique, à des questions de développement durable de la société et de l'économie. On peut d'ailleurs saluer les gouvernements africains qui prennent ces sujets en main, comme le prouve le forum de Dakar, et tentent d'apporter des réponses fermes et ambitieuses à ces défis en anticipant les enjeux de sécurité et en renforçant l'architecture de la paix.
Les initiatives transnationales en matière de sécurité sont à souligner, telles que celle de la CEDEAO qui ambitionne de mettre en circulation une carte d'identité biométrique commune pour chacun de ses États membres. En termes économiques, l'Afrique n'est pas plus risquée qu'un autre continent.
L'environnement est réglementé au niveau international. Il s'appuie sur un droit des affaires structuré, auquel s'ajoutent des conventions régionales et des conventions bilatérales entre la France et nombre de pays du continent africain. Ce n'est pas plus hasardeux, difficiles ou imprudent de faire des affaires en Afrique que sur un autre continent. En fait, la vraie question que les entreprises françaises doivent se poser, c'est si leurs offres commerciales correspondent à une réelle demande en Afrique.

Les promesses de croissance économique du continent attirent de nouveaux pays, en particulier les pays émergents. Comment les entreprises françaises doivent-elles se positionner face à ces nouveaux concurents/partenaires ?

Didier Trutt : Afficher le même dynamisme ! Par dynamisme, j'entends être compétitif, être innovant, posséder une réelle capacité d'anticipation, être plus efficace et doté d'une capacité d'exécution rapide.
De grands pays l'ont compris, tels que la Chine, l'Inde ou encore le Brésil. Ces pays ont su structurer leur présence sur le continent africain depuis plusieurs années, avec un succès indéniable leur permettant de rayonner dans de nombreux secteurs d'activité. Aujourd'hui, c'est la mobilisation des expertises qui fait la différence et nos concurrents d'hier deviennent nos partenaires de demain. La déclaration conjointe en juillet dernier de notre Premier ministre, Manuel Valls, et du Premier ministre du Conseil des affaires étrangères de la République populaire de Chine, Li Keqiang, démontre la volonté de la France de s'engager avec d'autres nations afin de soutenir le développement des différentes régions du monde avec complémentarité et esprit d'ouverture, en engageant des modes de coopération innovants, et en accordant une importance de premier plan aux exigences environnementales et sociales. Ce qui prime avant tout, c'est la confiance. Aujourd'hui encore plus qu'hier, en économie, ce sont la confiance et les relations entre les peuples qui permettent de faire de grandes choses. Aujourd'hui, la confiance est le meilleur ciment entre la France et de nombreux pays africains. C'est cette confiance que les entreprises françaises se doivent également de préserver et de développer dans leurs relations avec les marchés africains. Au demeurant, la confiance ne peut tout faire ; aux entreprises françaises d'être innovantes, performantes et compétitives !
Téléchargement