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IN Groupe, Le droit d’être soi

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08/05/2011 - Blogs.LeMonde
La nouvelle carte de police annonce la couleur

Il aura fallu une longue réflexion pour franchir le pas, mais c'est fait, ou presque, la nouvelle carte de police fait son apparition. Elle a la taille d'une carte de crédit et rejoint ainsi le format de la carte de presse ou de la carte d'avocat.

En fait, c'est la carte d'agent ministérielle qui a été revisitée. Mais, pour les policiers, il s'agit d'un véritable outil de travail qui mentionne expressément les droits particuliers attachés à cette profession. Si j'ai bien compris, les préfets et hauts fonctionnaires l'ont trouvée tellement chouette qu'ils l'ont copiée. Ainsi, au démarrage, il devait y avoir seulement deux visuels, policiers et agents administratifs ; on en est à onze. Ce qui a sérieusement augmenté la facture. On imagine la bagarre des corps pour obtenir telle ou telle mention. Par exemple, les agents de l'Identité judiciaire, les fameux techniciens des scènes de crime, très mode à la télé, n'ont pas eu droit au mot « POLICE », inscrit en rouge (une tradition depuis deux générations de cartes). Ils devront se contenter d'un « Police technique et scientifique », en noir. J'espère qu'ils vont s'en remettre. Ou l'inscription du droit à réquisition, cette petite phrase, dans le bas de la carte, qui mentionne que « Les Autorités Civiles et Militaires sont invitées à LAISSER PASSER ET CIRCULER LIBREMENT le titulaire de la présente carte qui est autorisé à requérir pour les besoins du service l'assistance de la force publique ».

Raison pour laquelle la carte de police est appelée parfois « carte de réquisition », ou carte de réquise. On dit aussi la brème, ou carte de pêche, mais cela fait un peu vieillot.

Ces nouvelles cartes sont équipées de deux puces dont une RFID (radio), et d'une piste magnétique. Ce qui inquiète un peu les syndicats, comme UNSA-Police.

Bienvenue au club, doivent penser les salariés du privé qui, sous prétexte de sécurité, connaissent pour beaucoup le retour de la pointeuse et de la surveillance en continue.

En fait, cette carte, c'est un peu le couteau suisse. Elle va servir de sésame pour l'accès aux locaux protégés, la consultation des fichiers, comme le STIC ; ou pour la signature électronique des procès-verbaux. Ou encore de passe Navigo, ou pour régler son repas au mess de la police, etc. Pour l'instant, il n'est pas question qu'elle soit acceptée au café du coin.

Elle pourra être utilisée depuis n'importe quel poste de travail du ministère, à condition qu'il soit équipé d'un lecteur - dont l'acquisition reste cependant à la charge de chaque service. L'Imprimerie nationale est en charge de la fabrication. Son coût est de 18 €. Pour la police, c'est 180 000 cartes qui seront mises en circulation entre 2011 et 2012 (les retraités devront attendre un peu). Quant à la gendarmerie, elle a pris une certaine avance avec un projet initié en 2008, légèrement différent, plus sobre, à mon avis un peu moins réussi, mais semble-t-il compatible. L'ensemble des personnels devrait être doté cette année.

Il est prévu de pouvoir la glisser dans un porte-cartes qui comprendrait la médaille et l'insigne de poitrine, c'est-à-dire le grade. Ce qui donne quelque chose de plutôt rationnel et élégant. Mais peut-être pas très pratique lorsqu'il faudra la retirer pour la passer dans un lecteur…

La carte de police a sans doute perdu un peu de son prestige depuis que l'uniforme s'est imposé dans la police. Mais elle reste un objet mythique qu'on rêve souvent de cloquer sur le bureau de son patron. Sauf que dans la vraie vie, on la conserve précieusement. Elle suit la carrière, elle fait partie intégrante du policier et il s'en sent responsable, un peu comme de son arme.

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